lundi 9 mai 2011

La petite souris et la schizophrénie.

Nous sommes en vacances. Il fait beau et chaud, le camping est sympathique, la vie est belle.
Mon ainé a perdu une dent la veille et la petite souris a accompli son rituel tant attendu, marquant ce passage de l'enfance au monde des grands. C'est une petite empreinte de sacré dans une société où il n'y a plus beaucoup de cérémonies solennelles pour accompagner les enfants dans l'abandon de leurs préoccupations nombrilistes à une dimension sociale élargie. L'enjeu est important pour la maman que je suis car j'aime valoriser que mes enfants grandissent et que c'est dans l'ordre du monde... Mais ce matin, au petit déjeuner, il y a débat.

La souris, moi-même, boit son thé et assure qu'elle a posé 2 pièces et non une seule. Regards en coin des enfants, le jeu est lancé. Quelques questions bien placées à la petite souris qui tartine pour obtenir la réponse : "Oui ! Il faut encore chercher, une piécette... "
Ah le camping ! Ça chamboule tout ! Mais une chasse au trésor c'est très intéressant aussi...

B s'emporte d'un coup : - « Enfin tu vas arrêter de leur raconter n'importe quoi, tes enfants vont devenir schizophrènes ! »
… silence...
B : « Tout le monde est assez grand ici pour savoir que la petite souris n'existe pas ! »
M : « Oui effectivement, et s'il y avait encore un doute, il n'y en a plus. C'est comme le Père Noël, ces belles histoires permettent d'enjoliver la réalité et de rendre certains changements plus agréables à vivre, non ? »

Discussion sans fin, B s'appuie sur des exemples dans sa famille. Je n'ai fait aucune étude concernant la schizophrénie et ma seule préoccupation est de retirer les oreilles des enfants de ces échanges qui ne les concerne pas. Je demande d'aller chercher de l'eau et de m'attendre aux douches...

Mauvaise pioche ! Je chercherai donc à orienter les enfants contre B... (Quelle affreuse, suis-je là !)

Et voici une bonne journée de vacances qui s'annonce !
La seule chose à faire pour rendre la situation plus vivable est de rompre la discussion, laisser le temps couler un peu en accompagnant la douche et revenir comme si de rien n'était...

Bien après, lorsque nous sommes tous les deux, je tente d'en discuter avec B. Il a raison, aucun dialogue constructif ne voit le jour, je décide que ce n'est pas très important et continue mon petit chemin à ses côtés.

Aujourd'hui, je pense que je ne laisserai plus passer une telle situation mais c'est facile à dire quand on n'est plus engluée dans l'affectif.